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 Dans les ténèbres

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Leidh'ra
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Date d'inscription : 08/07/2013

MessageSujet: Dans les ténèbres   Lun 8 Juil - 6:28

Assise dans une taverne, la jeune humaine boit doucement un lait de chèvre, en tâtonnant un peu pour trouver sa chope. Son visage semble calme, mais affiche une expression de regret teinté de mélancolie.

Elle n'est pas très grande - à peine plus qu'un nain. Fine, elle a la peau pâle, de celles qui ne bronzent pas et passent tout de suite aux coups de soleil. Ses cheveux d'un roux flamboyant sont laissés en bataille, coupés courts, sur le haut de son crâne. Elle porte des habits bleu pâles, ni prude ni provocateurs, et arbore les symboles des prêtres et prêtresses du Sune.

Son visage est joli et bien dessiné, et un homme décide de tenter sa chance. D'un pas faussement timide, il avance vers elle, et empoigne le dos de la chaise, d'un air interrogateur. Prenant son absence de réponse pour un accord, il s'assied.

C'est alors qu'il le remarque, et comprends. Si elle tâtonne pour saisir sa choppe, ce n'est pas l'effet de l'alcool. Et si elle est restée si silencieuse, ne lui jetant pas un regard lors de sa tentative d'approche, c'est parce qu'elle ne jette jamais de regard. Ses yeux sont entourés de cicatrices, vestiges de vieilles brûlures ; ses pupilles sont totalement blanches. Elle ne voit rien, ne peut rien voir, ni les hommes qui tentent de l'approcher, ni sa choppe.

L'homme n'a plus la moindre envie de la draguer. Ses yeux ôtent tout attrait à son visage. Mais alors qu'il va pour se lever discrètement, espérant partir sans qu'elle s'en aperçoive, elle le saisi maladroitement par le poignet, et lui adresse enfin la parole :


ô toi qui peut encore contempler les reflets de l'aurore, partage quelques instants ma compagnie. J'ai senti ta réaction, lorsque tu as découvert ce que je suis. Mais accepte de partager quelques instants la vie d'une pauvre aveugle, et laisse-moi un instant oublier ma peine en te contant mon histoire. Offre-moi ta compagnie, et je t'offrirais une bière dans laquelle oublier mes yeux. Est-ce pour toi un marché honnête ?

Attendait-elle de la pitié d'un dragueur de taverne ? Probablement pas. Mais l'offre d'une bière gratuite suffit à le motiver à rester - au moins jusqu'au fond de sa choppe. D'un grognement, il lui fit comprendre qu'il acceptait, et se commanda sa boisson, qu'elle régla de bonne grâce. Puis il se tût, la laissant raconter se qu'elle voulait, tandis qu'il savourait son verre.

Souviens-toi, l'ami... Souviens-toi des printemps fleuris et enchanteurs. Revois les étés lumineux du passé, les champs de blés gonflés sous les rayons du soleil. A l'époque, je vivais à Val d'Orge, un petit village perdu dans les Vaux. Je soignais les malades et les blessés, et apportait parfois le réconforts à ceux qui venaient de perdre un être cher. Nous étions une petite communauté agricole, calme et sans surprise. Toujours, nous avions été épargnés par les guerres de ce monde, et nous ne demandions rien à personne. Nous vivions dans notre coin, cultivant nos champs et élevant nos vaches et nos chèvres. C'était un temps de joie et d'abondance.

Mais vois comme le soleil décline... et déjà, l'été cède place au début de l'automne. Le vent souffle, et sa brise soulève des bribes de poussières qui entourent même le plus paisible des villages. Venu de l'Ouest, chassé de lieux en lieux par les milices, les aventuriers ou les soldats, un petit groupe de gobelin se choisi un nid près de notre village. Que faire ? Nous n'étions pas des soldats, et nous ne voulions pas nous engager dans une guerre sans fin et sans but.

Même l'automne peut être une belle saison... vois, le soleil y brille encore. Nous avons choisi une autre voie. Sous mon conseil, les chefs du village proposèrent une alliance aux gobelins - ou du moins une trêve, dont les termes étaient simples : aucun gobelin ne rentrait sur nos terres, aucun humain n'entrait sur les collines des gobelins.

Même ces créatures peuvent être lassées du combat et de l'errance éternelle. Ils acceptèrent notre trêve, et nous apprîmes à vivre en paix. Notre vie pu rester simple, et leur tribu pu enfin vivre sans guerre, se développer et croître. Avec le temps, nous en arrivâmes à nous respecter mutuellement. Une forme limité de commerce vit le jour, et certains incidents isolés tournèrent à l'incroyable - ainsi, un enfant du village, perdu en forêt, fut retrouvé par les gobelins, qui le soignèrent, le nourrirent et le ramenèrent à sa famille. Qui eu put croire une telle chose ?

Mais l'automne se termine et l'hiver commence... Vois comme la neige remplace la poussière dans le vent qui tourne. Et la neige tombe sur les terres qui ont besoin de repos comme sur celles qui souhaiteraient rester vivace... Un jour, un groupe d'aventurier entendit parler de notre manière de vivre. Comment ? se dirent ces héros. Des gobelins qui osent être heureux et ne pas menacer leurs voisins ? Qui osent vivre en paix et en harmonie avec des humains ? C'est tout simplement inadmissible - au nom de tout ce qui est bon, nous devons les massacrer.

Ils virent donc sauver les pauvres âmes qui vivant dans l'amitié avec les créatures, et tentèrent de s'introduire de force dans leur camps, en notre nom, sans même nous demander notre avis, ni nous prévenir de leur présence dans la région. Mais sache, ô toi qui m'écoute en finissant ta bière, que le temps et la paix aide bien même à se préparer à la guerre que la fuite. Les gobelins étaient nombreux, en bonne santé, bien nourris - ils massacrèrent les idiots qui osaient se proclamer des héros. Leur intolérance avait causé leur mort - mais aussi celle de plusieurs gobelins. Leur rage devant notre trahison involontaire ne connu alors aucune limite.

Hurlant et furieux, ils attaquèrent notre village. Hommes, femmes et enfants - tous furent passés au fil de leurs lames, sans même savoir ce qui avait causé la haine de leurs anciens amis. Moi seule, qui avait été l'instigatrice du traité de paix, fut épargnée. Les chefs m'expliquèrent la raison de leur ire, et refusèrent d'écouter lorsque je leur promettais que nous n'étions pour rien dans l'attaque. Ils m'attachèrent, et tout en me forçant à garder les yeux ouvert, tinrent devant moi une lame portée au rouge. La chaleur intense du fer me brûlât les yeux, m'envoyant dans les ténèbres et y laissant les cicatrices qui te rebutent tant. Ceci fait, les gobelins m'abandonnèrent en pleine nature, sans provisions ni arme, pour y mourir de faim ou sous les coups d'une bête.

Je survécu, mais ce récit, tu n'auras pas à l'écouter - j'entends que ta choppe se termine. Va donc, et laisse-moi avec ma honte et ma culpabilité, de n'avoir pas su prévoir l'attaque de ceux qui se nomment des héros.


Dernière édition par Leidh'ra le Lun 8 Juil - 12:28, édité 1 fois
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Lea Dard D'abeille
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MessageSujet: Re: Dans les ténèbres   Lun 8 Juil - 11:59

(c'est Triiiiste et beau ! un Grand plaisir de te lire, en attendant la suite !)
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