Rassemblement des rôlistes francophone sur Neverwinter
 
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 Sous le soleil qui blesse.

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Quyth
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MessageSujet: Sous le soleil qui blesse.   Lun 27 Mai - 16:55

Spoiler:
 


De retour du lac noir.


Rukh remontait prudemment la ruelle qui mène à la Taverne du Bois Flottant. Elle rasait les murs, comme à son habitude, et privilégiait les endroits peu éclairés. Elle avait beau se couvrir le corps et le visage le mieux possible, sa silhouette attirait quelques regards. Elle restait vigilante, prête à courir, ou à se fondre dans l'ombre si on tente de l'approcher de trop près. Un globe d'obscurité, et hop, ce serait vite fait. Mais non, pas ici, cela provoquerait plutôt une légère panique, tournant vers elle davantage d'attention encore. Et puis...ça pouvait rater.

Il était mignon, le laquet de Bregan D'Aerthe. Le visage dénotait son origine plébéienne, mais il présentait un corps relativement robuste pour un mâle. Il ne manquait pas d'aplomb non plus. Rukh avait brûlé de le remettre en place, mais elle ne savait pas exactement ce qu'il valait, au sein de la confrérie. Et puis, Padhiver, ce n'était pas Menzoberranzan, elle n'y comptait aucun allié, aucun appui. Bregan D'Aerthe était presque invisible dans la cité de Lolth, mais en dehors, c'était autre chose. Rukh n'aurait jamais imaginé que le bras de la confrérie s'étende jusqu'à la surface. Après tout, c'était la seule chose relativement réconfortante depuis qu'elle avait quitté l'Ombreterre. Retrouver les codes des siens. Une garantie de tromperie, de violence, de traitrise. Ce drow, c'était le premier qu'elle avait vu depuis son arrivée sous le soleil qui blesse. Il lui avait fait parvenir un message dans sa chambre à la taverne. Bien renseignés, Bregan D'Aerthe.

Tout en remontant la rue, Rukh pesait les bénéfices et inconvénients de cette rencontre. Cela faisait du travail. Du travail qu'elle saurait mener à bien, dans des endroits où le soleil ne venait guère. D'un autre côté, si la confrérie l'avait retrouvée, alors l'information pourrait se vendre: Bregan D'Aerthe vendait de l'information. Rukh n'avait aucune envie que la main de Lolth vienne la chercher jusqu'ici. Elle doutait, elle doutait que la Reine Araignée puisse agir comme bon lui semblait hors de la pénombre. Étonnant comme le doute envahissait les enfants de Lolth lorsqu'ils s'écartaient de sa cité.

En entrant dans la taverne, Rukh détacha légèrement sa capuche, rassurée par la semi-obscurité à peine troublée par des chandeliers projetant une lumière tamisée. L'établissement était relativement plein, les manants habituels surtout, et quelques guerriers au comptoir. Rukh ne remarqua pas d'entrée la composition de ce groupe justement, et alla se réchauffer un moment près de l'âtre. La taverne du Bois Flottant était en général pour Rukh un endroit où se fondre, car elle était grande, souvent pleine, et l'on passait facilement inaperçu.
Les voix lui firent dresser l'oreille: la voix d'un mâle particulièrement obséquieux, s'exprimant dans un commun avec un accent familier. Elle finit par l'entrevoir: un drow...Il quitta rapidement la taverne, non sans avoir fait des courbettes à des femelles Darthiir. Rukh fronça les sourcils. Elle se dirigea vers le comptoir surpeuplé pour commander à boire espérant entendre des bribes de conversation à propos de ce type. Mais elle fut rapidement refroidie quand elle s'aperçut que deux autres drows, femelles, se mêlaient à la troupe d'aventuriers qui discutaillaient gaiement. Rukh resta bien au bout du comptoir, espérant se cacher derrières les clients, mais une des deux drows la remarqua et s'approcha, lui adressant la parole de façon très désinvolte. Rukh ne répondit pas: si la femme était certes richement habillée, rien dans son ton n'indiquait son rang, et Rukh ne souhaitait pas s'abaisser devant une concurrente potentielle. Par ailleurs, elle ne souhaitait pas non plus la remettre à sa place, car grande était la probabilité que cela se finisse en esclandre, ce n'était certes pas le meilleur moyen pour garder l'anonymat. Rukh retourna près de l'âtre sans autre cérémonie, et fut assez surprise de voir la drow ne pas s'en offusquer, et reprendre sa conversation légère avec les autres comparses.

Cette scène fit beaucoup réfléchir Rukh. Comment ces Jalil pouvaient-elles se comporter ainsi à la surface? Etaient-elles des exilées? Des traitres ? N'avaient-elles pas peur ? Elles semblaient dans leur élément, et si elles ne s'étaient pas départies d'une certaine arrogance drow, celle-ci était toute relative: aucun mâle n'aurait du leur parler comme certains Rivvil le faisaient en ce moment. Rukh décida de rester prudente, et quitta bientôt la taverne plutôt que de monter à sa chambre.

Quand on venait de quitter l'Ombreterre, tout était encore menace et danger, mais d'une teinte nouvelle: retrouver des drows sur la surface impliquait forcément une menace supplémentaire: poursuite ? Secte infidèle à Lolth ? Rukh était paranoïaque, à l'image de son espèce, et elle ne pouvait imaginer que ces femelles ne le soient pas autant.


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Quyth
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MessageSujet: Re: Sous le soleil qui blesse.   Lun 27 Mai - 16:57

Une lettre.

Un pli, glissé sous la porte. La drow tend l'oreille, les pas s'éloignent. Elle approche doucement, sans bruit, observe la lettre, met ses gants, la ramasse, la regarde en transparence à la lumière d'une bougie. Un frisson lui parcourt l'échine. Il y a un sceau discret, invisible pour des yeux de la surface. Bregan D'Aerthe. Une foule de pensées se bousculent dans la tête de Rukh. Elle dégaine une dague, décachette la lettre sort la feuille, et lit la seule phrase: "le Lac Noir, Tatte, maintenant". Elle peut sentir la force de l'injonction: il n'y a pas de magie, mais c'est tout comme. Elle se mord la lèvre inférieure, réfléchit quelques secondes, attrape une fiole dont elle fait dégouliner quelques gouttes d'un liquide visqueux sur sa plus petite dague. Elle laisse la porte fermée, s'approche de la fenêtre qu'elle a bardée de planches, jette un œil entre celles-ci. La cour intérieure est calme. Elle enlève une seule planche et passe lestement entre les autres, désescalade le mur en s'aidant des pierres apparentes, et atterrit silencieusement sur le sol. Ces aller-retours par la fenêtre la désespèrent: la faveur de Lolth apparemment partie, il n'est plus question de lévitation.
Ses pupilles noires finissent de fouiller l'obscurité de la cour, aussi claire qu'un hall illuminé pour la drow. Elle passe le petit porche, rejoint la ruelle, puis se dirige vers la porte de la cité qui mène au Lac Noir.

Rukh passe les gardes, ses cheveux blancs dissimulés sous une capuche. Les gardes sont bien trop occupés à surveiller les barricades, et visiblement peu enclins à se soucier de la présence de drows solitaires dans l'enceinte de la cité en cette époque troublée. Elle se faufile entre les maisons en ruines, un exercice amusant pour la jeune drow: certaines sont occupées par des renégats, d'autres par des bandits, ou même des mendiants attendant de se faire dépouiller. Elle circule presque invisible entre ces groupes, grimpe sur un mur décrépi pour voir sa route, se laisse chuter au sol sans éveiller l'attention. Les gens de la surface sont visiblement sourds et aveugles, se dit-elle. Elle espère aussi qu'elle ne deviendra pas comme eux. Alors qu'elle progresse vers le lieu-dit, Rukh identifie une forme familière sous un porche obscure. Elle s'approche avec précaution, mais remarque vite que la forme l'a déjà repérée, sans pour autant fuir ou bouger. Rukh s'approche alors à pas lents mais confiants, d'autant plus que la forme lui parait masculine. Un mâle aux yeux un peu trop brillants, habillé de cuir tel que ceux de la surface en produisent, une stature convenable, et une attitude qui aurait paru provocante dans cité de Lolth. Rukh, toujours incertaine sur la conduite à tenir en ces lieux, choisit une arrogance mesurée.

"Vendui', Jaluk.
- Vendui', Rukh V'Rhym."
Rukh plisse légèrement les yeux à la mention de son nom. S'ils l'ont trouvée, ils savent probablement qui elle est, mais la mention de son nom dans la bouche d'un mâle sans forme de politesse ajoute au déplaisir.
"Que me veut Bregan D'Aerthe ?
- Ce que veut Bregan D'Aerthe habituellement: employer les talents disponibles pour les tâches requises. Ces talents sont rares sur la surface."

Le drow assortit sa dernière phrase d'un sourire agréable. Le genre de sourire qu'un être de la surface prendra pour de la sympathie, en tous cas. Mais qu'un drow ne peut ressentir que comme une menace. Les doigts de la jeune femme frôlent la chute de son propre dos, histoire de repérer très clairement la poignée de la petite dague.

"Bregan D'Aerthe ne cherche pas à vous nuire - reprend le drow-, vos talents valent plus ici que ne vaut votre tête aux pieds d'une matriarche de bas étage. Je souhaiterais vous proposer de travailler comme opérateur pour la confrérie, afin de contrôler certains aspects de la mutation que Padhiver entame. La main de certaines maisons est à l'oeuvre ici-même, et Bregan D'Aerthe n'a pas intérêt à soutenir des actions sur la surface lorsqu'elles n'ont pas été confiées à ... Bregan D'Aerthe.
- Il n'est pas question que je m'implique dans des actions contre des maisons majeures, voire mineures, Jaluk."
La drow s'interrompt un instant, mais reprend la parole avant que son interlocuteur ne puisse répondre:
"Si Bregan D'Aerthe venait en revanche à m'assurer d'une relative protection...
- Vous demandez beaucoup."

Scrutant un moment Rukh, le messager de la confrérie semble peser le pour et le contre. Rukh affiche une mine fière et rassurée, le type d'attitude qu'elle n'avait encore jamais montré depuis son arrivée à la surface. Comme l'on reprenait vite les codes et les habitudes dans certaines situations, se dit-elle. Elle jouait un coup de dés, elle espérait que Bregan D'Aerthe n'en savait pas trop à son sujet, ou plutôt, ne savait pas tout. Le messager finit par reprendre:
" Je vais me renseigner. Cela prendra un peu de temps. En attendant, voici déjà de quoi faire. Prenez connaissance de ces informations et de nos besoins. Je suppose que Bregan D'Aerthe verrait d'un bon œil que vous vous mettiez rapidement à l'œuvre, avant que je ne puisse rapporter une réponse quant à votre ...exigence."
Rukh fronce légèrement la peau du nez, mais elle ne réplique pas. C'était un compromis. Peut-être une chance ? Peut-être une mascarade, avec une dague entre les omoplates à la fin aussi. A ce jeu-là, elle était forte, mais elle ne se faisait pas d'illusion. Elle prend les documents tendus par le messager, lui tourne le dos en agitant une main par derrière, tout en s'éloignant dans l'ombre. Juste histoire de montrer qu'elle ne le craint pas. Ce qu'il ne faut pas risquer pour rester en vie...
"Aluve." entend-elle.

N'y a-t-il pas d'endroits assez éloignés pour échapper à la main de Lolth ? Il n'empêche...mêlé au sentiment de crainte, Rukh ne peut s'empêcher de sentir une certaine chaleur dans son corps. Un semblable dans ce monde peuplé de barbares, on y reste pas indifférent.


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Quyth
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MessageSujet: Re: Sous le soleil qui blesse.   Lun 27 Mai - 16:58

Un carnet.

Rukh commençait à s'habituer un tout petit peu à cette vie de la surface. Elle arrivait un peu mieux à cacher sa paranoïa. Elle avait aussi pris des précautions, payé des gens. Elle avait remarqué plusieurs de ses semblables dans la cité, et Padhiver semblait en effet un havre pour de nombreux fuyards de toutes les races. Quant à ces autres drows, Rukh commençait à se demander s'ils n'étaient pas tout simplement des étrangers et non des renégats ou même des gens en mission. Les femelles étaient désinvoltes, empruntées. Le mâle qu'elle avait vu était tout sauf un drow.

Rukh s'était aperçu que celui-ci posait des questions souvent ineptes, souvent dangereuses, et qu'il notait tout dans un carnet. Elle était aussi un peu jalouse, car ce pauvre mâle paraissait en savoir beaucoup sur la surface, malgré son évidente naïveté. Il connaissait nombre de choses que Rukh ne savait pas. Des choses qui lui manquaient pour assurer sa sécurité par exemple. L'occasion se présenta un soir: le drow était accoudé à un comptoir en compagnie d'une créature cornue. La discussion allait bon train, et Rukh n'eut aucun mal a subtiliser le carnet posé sur le comptoir. Elle était simplement positionnée derrière le drow - qui n'avait rien vu - et elle feuilletait le carnet. Des dessins, du texte en veux-tu en voilà, écrit à base de lettres drow, mais dans une organisation grammaticale qui échappait à Rukh. Le mâle semblait noter toutes choses dans ce carnet, des plus idiotes aux plus importantes, sans logique particulière que Rukh pouvait percevoir. La créature cornue s'aperçut du larcin et en prévint le mâle drow. Celui-ci réclama sur l'instant sa propriété sur un ton autoritaire. Le ton changea radicalement lorsque Rukh tomba sa coiffe, laissant retomber sa chevelure blanche sur son visage sombre. Il tenta néanmoins d'invoquer des règles de conduite incompatibles avec la culture Drow. Rukh était presqu'amusée, bien qu'atterrée.

Le compagnon Tiefelin cornu menaça d'appeler la garde, et Rukh, préférant éviter tout éclat, rendit le carnet: elle n'y avait guère trouvé quoique ce soit la concernant, ce qui réduisait la probabilité que le mâle drow soit autre chose que ce qu'il semblait être: un parfait simplet. La discussion se finit rapidement, car ce dernier n'était visiblement pas enclin à tenir compagnie à une femelle de son espèce. Rukh remarqua néanmoins son évident manque de logique drow, et sa totale méconnaissance de la culture d'Ombreterre. Rukh n'aurait jamais imaginé que de telles créatures de sa race puissent vivre de cette façon.

Le Tiefelin non plus ne semblait pas particulièrement content à l'idée de tenir compagnie à la drow, et s'éclipsa sans cérémonie. Rukh se retrouva esseulée au comptoir. Elle faisait souvent cet effet.



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MessageSujet: Re: Sous le soleil qui blesse.   Lun 27 Mai - 17:00

De l'adaptation à la vie de la surface.

Au gré des jours, Rukh apprenait, observait, étudiait. Il le fallait, si elle ne voulait pas se faire pister, il fallait absolument se construire des armes dans ce monde si différent. Elle espérait une protection de Bregan D'Aerthe. Elle avait enrôlé un mercenaire aussi. Elle investissait de l'argent dans le commerce, discrètement. Tout était tellement différent dans cette...dans ces sociétés. Les conflits raciaux paraissaient atténués à Padhiver, mais d'un autre côté, l'exposition aux autres races y était forte, trop forte. Rukh ne savait pas parler à un Halfelin, méprisait encore davantage les nains, mais ceux-ci étaient en fait fort différents des duergars: ils étaient moins secrets de toute évidence, et les autres races semblaient très bien les gérer. Elle évitait comme la peste les elfes, et avait déjà pu constater leur tendance à se sentir supérieurs en discours. Les humains étaient malléables, souples, simples, manipulables.

Au fur et à mesure que le temps passait, Rukh se fondait lentement dans ce nouveau paysage, lentement. Elle était satisfaite car cela lui assurait de prévenir certaines surprises désagréables. Elle était inquiète, car elle sentait que quelque part, elle s'émoussait. Encore quelques mois à ce train, et qui sait si un jour elle pourrait vivre à nouveau parmi les siens ?

Rukh monnayait ses talents efficacement. Quelques cibles de bas étage à éliminer, des informations à subtiliser, la plupart des tâches étaient jeu d'enfant pour elle. Mais parfois, certaines difficultés paraissaient autrement plus complexes: lorsqu'il fallait agir en plein jour, parcourir des miles sous le soleil qui blesse par exemple. Rukh avait noté que ses yeux s'étaient habitués quelque peu, mais le matin était pour elle un moment horrible par exemple, elle n'avait pas la capacité à gérer ces changements de lumière sur une telle magnitude. Qu'importe, elle œuvrait au bon moment, choisissait les bons chemins. Mais plusieurs fois, elle se sentit en danger à cause de ce point précis: en plein jour, il aurait suffi qu'un adversaire se place à côté du soleil pour gêner la drow dans ses mouvements. Pire, si l'un d'entre eux avait eu la mauvaise idée d'astiquer son bouclier ou son armure, la drow aurait du s'en remettre à Tymora en combattant les yeux fermés. Certes, c'était un exercice qui faisait partie de son éducation, mais dans des endroits silencieux, vides, fermés par des murs qui renvoyaient tous les sons, et où chaque pression sur l'air pouvait se sentir. Ici, c'était un infâme tintamarre de bruits, tous entremêlés, qui rendait toute relative l'efficacité de son entrainement.

Les jours trop ensoleillés, Rukh les passait souvent à la Taverne, dans sa chambre, ou dans une salle retirée, ou parfois dans la salle principale. Elle écoutait beaucoup les ragots, les rumeurs. Tant pour se protéger que pour s'instruire. On parlait de Cormyr, d'Eau Pronfonde, moins de Luskan. Des voyageurs parcourant la Côté des Epées donnaient des histoires étranges. Les gens parlaient sans beaucoup se méfier, cela surprenait toujours la drow. Un jour même, un humain se fit très curieux. Il n'était pas totalement disgracieux ni impoli. Il semblait très au courant des flux de voyageurs, et avait quelque information sur les autres drows fréquentant la cité. Sa curiosité mettait mal à l'aise la drow, qui cherchait par un jeu de questions-réponses à cerner qui pouvait être l'employeur de cet humain. Quand elle pensa ne pas pouvoir obtenir davantage de précisions, elle lui faussa compagnie. Rukh n'aimait pas trop cette curiosité malsaine.

Il lui restait cependant ce cordon ombilical: Bregan D'Aerthe. Son contact surgissait de temps à autres, et quelque tâche lui était demandée. Rukh s'exécutait car c'était bien payé. Elle savait aussi que dans une certaine mesure, peut être parce que Bregan D'Aerthe n'était pas cantonné aux murs de Menzoberranzan, la confrérie respectait une relative loyauté dans ses contrats. Elle n'était pas stupide au point de croire qu'aucune information ne filtrait bien sur. Il se murmurait toujours que la confrérie était à la botte des Baenre. Mais Rukh aimait aussi voir ce messager, lui arracher quelques menues informations à chaque fois. Elle partageait cette vie de la surface avec lui, et si lui était officiellement missionné, il n'en rencontrait pas moins les mêmes contraintes. Elle ne lui avait pas fait d'avance encore. Non pas qu'elle pensait qu'il eût pu refuser, mais elle préférait observer encore quelques temps l'attitude de la confrérie, et surtout, le dévouement de ce messager.

A la surface, Rukh avait vite compris que les codes de la société Drow ne marcheraient pas. Dans une cité comme Padhiver, imposer son arrogance de femelle noble n'aurait pu que lui attirer des ennuis. Bien que sous l'emprise de la paranoïa et de son éducation, elle sentait qu'elle obtiendrait davantage par la ruse et le calcul que par la force. C'était déjà quelque chose qu'elle avait l'habitude de pratiquer: c'était vital dans la cité de la Reine Araignée dés lors que vous n'étiez pas au sommet. Et le sommet, Rukh en était loin, de par sa Maison, et de par son rang de naissance.


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MessageSujet: Re: Sous le soleil qui blesse.   Lun 27 Mai - 17:02

La Maison V'Rhym

Enchâssée entre deux petits stalactites de l'Enceinte Ouest, la structure pseudo verticale de la Maison V'Rhym faisait penser à une sorte de serpent aux segments rectangulaires, entourant tantôt un stalactite, tantôt l'autre. Le haut de la structure était dominée par une agréable terrasse permettant de contempler ou de surveiller les environs. Son titre de noblesse acquis 2000 ans plus tôt, la maison V'Rhym avait connu des périodes fastes et des périodes maigres. C'était une de ces maisons qui ne s'approchaient jamais du haut de l'échelle, elle servait davantage de marchepied. Les grandes Maisons utilisaient souvent la maison V'Rhym pour diverses tâches. Vu de l'extérieur, on aurait pu penser que finalement, ce n'était pas une mauvaise chose: d'autres maisons plus fameuses avaient sombré dans le néant, fréquemment d'ailleurs ces derniers temps, alors que V'Rhym se maintenait, prudemment...Bien entendu, officiellement, un tel discours était inadmissible, Lolth oblige. Plus classiquement, la Maison V'Rhym n'avait simplement pas le sang des grandes Maisons: l'envie d'évincer les autres, oui, les moyens pour le faire, non. Il fallait du génie pour couvrir ses véritables desseins de multiples apparences, il fallait un moral d'acier pour pousser ses plans au travers des années et des siècles, et il fallait des compétences hors du commun pour faire face aux imprévus, c'est-à-dire aux plans des autres Maisons.

La Maison V'Rhym produisait davantage des caractères paresseux, profiteurs, parfois vains. On appréciait le stupre et la luxure, on savait torturer avec plaisir, on complotait pour maintenir son commerce et ses passe-droits, on rampait mieux que quiconque devant les prêtresses d'Arach-Tinilith...Le grand danger, c'était soit d'être factorisé comme quantité négligeable avec la mort d'une grande Maison - cela arrivait souvent -, soit que de vils petits bourgeois fomentassent un plan suffisamment ingénieux pour mettre à bas une maison de taille modeste afin accéder au titre de noble.

Oui, à bien y regarder, on pouvait dire que V'Rhym était passée à travers les gouttes.

S'il y avait une chose qu'Amia V'Rhym faisait bien, c'était enfanter. Soit parce qu'elle passait trop de temps dans les bras de ses amants, soit qu'elle fut dotée d'une fécondité hors norme. Vingt-deux rejetons en 350 années à peine. Certes, près de la moitié avait passé l'arme à gauche, mais ce n'était certes pas à cause d'un défaut de confection - du moins pas un défaut évident. Deux de ses aînées avaient été sacrifiées par les mages de Sorcere, sans qu'Amia n'ait rien pu faire. La position de Matrone de maison secondaire était horripilante: commander tant de gens, et devoir autant ramper. La troisième de ses filles par ordre de naissance avait pu intégrer Arach-Tinilith comme "aspirante prêtresse", disait fièrement Amia. Une que les mages n'auraient pas. Shel'xie se considérait, elle, comme une véritable prêtresse - et non pas un laquais de ses supérieures de Tier Brèche. Cela se sentait dès qu'elle était dans les murs. Sa stature assez massive - chose rare chez les V'Rhym - lui donnait un avantage certain, et sa mère n'osait guère lui refuser un service. Il se murmurait d'ailleurs que celle-ci risquait une mort prématurée, ayant fait l'erreur de laisser vivre une fille si forte et si proche en âge - Shel'Xie allait sur ses deux cents ans. La pas-tout-à-fait prêtresse avait occis deux de ses frères déjà, qui n'avaient pourtant pas la prétention de la faire descendre de son piédestal. "Qu'importe, avait-elle rétorqué à sa mère estomaquée, vous ne faites que des mâles !". Il fallait avouer que sur les 13 enfants restants, 11 étaient du sexe masculin. Ample fécondité, peut être, don de Lolth, moins évident. Amia avait compris assez tôt que cette enfant prendrait de la place, qu'elle voudrait beaucoup, et serait dangereuse. Amia se demandait si c'était une opportunité: Shel'Xie présentait beaucoup des qualités qui pouvaient tirer la Maison V'Rhym vers le haut. D'un autre côté, Amia n'était pas sur de vouloir trop monter. Elle priait juste pour que Lolth n'espionne pas ses pensées. Mais elle n'allait pas gaspiller une fille aussi forte que Shel'xie. Le problème était qu'Amia se sentait jeune, et n'avait pas du tout envie de lâcher les rennes si tôt. Pas envie de mourir, quoi. Lorsque sa dernière fille naquit, Shel'xie avait 80 ans et déjà amplement démontré ses ambitions dévorantes. Amia consacra alors beaucoup d'efforts à ne pas trop exposer sa nouvelle progéniture à l'appétit de son aînée.

Ainsi, de façon inhabituelle, elle proposa sa plus jeune fille au Melee-Magthere. Il était hors de question de la laisser oisive dans les murs du castel, avec tous ses frères autour sans parler des servants. Mais il était encore moins possible de la placer aux côtés de sa soeur à Arach-Tinilith, et l'expérience de ses deux filles sacrifiées par les sous-sous-fifres de Gromph Baenre était encore vive dans sa mémoire. L'académie de combat n'en aurait pas voulu autrement que comme soldat de base en temps normal, mais Amia se débrouilla pour que sa fille reçut les faveurs d'un excellent maître d'arme, le plus tôt possible. Elle fit en sorte que sa dernière puisse quitter souvent la cité pour participer aux patrouilles extérieures. Enfin, elle paya relativement cher un contrat avec Bregan D'Aerthe, contrat dont on peut imaginer le contenu.

Mais Amia ne pouvait qu'être un peu déçue par sa seconde fille. Rukh - c'était son nom - présentait un physique beaucoup plus fin que son ainée, elle ne dominait en rien ses frères. Ses cheveux étaient moins fins et beaux que ceux de sa sœur ou d'Amia elle-même, et les pupilles violettes habituelles de la Maison V'Rhym avaient fait place à des globes pâles, légèrement orangés. Amia se demandait si elle avait bien choisi le père. Elle n'avait pas non plus le caractère habituel des femelles de noblesse. Elle intégrait bien sur rapidement les avantages liés à sa position et faisait respecter la hiérarchie. Mais aucune démonstration d'éclat, aucun bain de sang inutile - ils ne l'étaient jamais à vrai dire, il y avait toujours une leçon à en tirer. La jeune Rukh semblait devoir devenir un "bon soldat" pour la maison V'Rhym, quelque chose plutôt espéré pour les mâles. Amia se demandait si l'influence de l'Académie y était pour quelque chose: les maîtres d'armes savaient leur place - en dessous des mages et des prêtresses - et leur importance - décisive quand Triel Baenre faisait appel à eux. De même, il y avait en majorité des mâles au Melee Magthere. Par essence, Amia savait qu'il fallait peut être voir là un masque chez sa fille. Mais il était évident que Rukh ne s'opposerait pas à sa soeur; en voulant la soustraire à son influence, Amia avait oblitéré un ensemble de possibilités: Rukh n'aurait jamais l'influence d'une grande prêtresse ou d'un mage. Pour autant, Shel'xie avait beaucoup de raisons de se débarrasser de sa cadette. D'abord, le plaisir, ensuite, sécuriser la succession, enfin, rappeler à ses frères qui dirigeait la famille.

Ceux-ci se trouvaient en effet bien, en compagnie de Rukh. Elle ne leur passait rien, n'hésitait pas à les corriger de façon plus ou moins sanglante si la situation le requérait. Quand elle entrait dans le corps de garde, tous se levaient et saluaient. Mais Amia comme Shel'xie décelaient quelque chose de faux dans tout cela. Pas faux, non, mais elles sentaient que la crainte n'était pas le seul moteur de la discipline imprimée par Rukh. Amia, spécialiste des plaisirs de la chair, avait largement fait espionner sa fille. Rukh ne semblait pas consommer ses frères : Amia ne l'aurait pas interdit, mais d'autres maisons avaient vu leur potentiel notablement dégénérer suite à de telles pratiques. Elle avait été tentée de demander un service de vision aux mages de l'académie, mais pour espionner sa propre maison, cela serait apparu comme une grande faiblesse. La matrone avait cependant beaucoup enquêté, et rien n'avait montré que Rukh fomentait quelque complot contre sa mère. Amia ne savait quoi penser: il était souvent facile de confondre une jeune fille dans ses premiers complots, encore maladroits. Rukh était-elle plus douée ? Mais bizarrement, en présence de la plus jeune, Amia ne sentait pas cette menace habituelle que le contact de Shel'xie provoquait immanquablement.

Shel'xie, elle, se sentait indirectement menacée. Si tous ses frères craignait vivement la pas-tout-à-fait prêtresse, elle doutait de leur loyauté: le moment venu, n'obéiraient-ils pas à Rukh, contre elle-même et peut être leur matrone ? Il n'était pas aisé d'humilier Rukh et de la provoquer à la faute: la cadette était intelligente, exécutait les ordres sans sourciller, devançait les problèmes, rendait le culte comme il se devait dans la chapelle de la Maison. Quelque fois, Shel'xie avait tenté des provocations physiques: sa sœur avait accepté les cicatrices, tout en limitant de façon étonnante les dégâts. Il semblait à Shel'xie que Rukh avait un talent pour contenir la colère. En même temps, Amia n'aurait certes pas pardonné une mutilation importante: Rukh serait à marier sans aucun doute pour élever le statut des V'Rhym. Si Shel'xie voulait se débarrasser de sa sœur, il fallait le faire en même temps qu'elle solutionnerait le problème maternel. La semi-prêtresse pensait qu'il était trop tôt: elle comprenait que sa mère avait notoirement plus d'influence qu'elle dans la cité, et que se retrouver à la tête d'une maison noble sans même le titre de prêtresse exposerait les V'Rhym à un grand danger.

Pour Rukh, les choses étaient différentes. Elle avait très tôt accepté sa situation, car elle avait très tôt compris les rouages de la société: il n'était pas possible pour elle de surpasser sa sœur autrement qu'en la tuant, ce que sa mère aurait sanctionné. De plus, Rukh n'avait pas les capacités physiques et mentales de son aînée, elle l'avait acté. Il n'était pas raisonnable de tuer sa mère: c'était sa meilleure alliée. Il était improbable que la maison V'Rhym survive à un conflit interne important. Rukh avait alors tissé la seule toile possible entre une sœur typiquement ambitieuse et une mère paresseuse: se reposer sur les mâles de la maison, sur le statu quo qu'affectionnait sa mère. Celle-ci avait apparemment arrêté d'enfanter: une autre fille aurait totalement modifié cet équilibre. Rukh ne savait pas si cet arrêt des naissances était délibéré. Au Melee Magthere, Rukh avait enduré. Certes, beaucoup lui donnait le respect du aux femelles, rares dans cette académie. Mais les Maitres d'Armes ne lui passaient rien, au contraire.

Dès sa dixième année d'entrainement, elle avait commencé à partir en expédition dans les environs de la cité. Elle affectionnait ces patrouilles. Bien souvent, un ou deux de ses frères étaient du voyage. La vie en dehors de la cité répondait à des codes différents. Tout y était plus aiguisé: le silence, le noir, l'humidité, tout mettait les sens en éveil. La traque d'un fugitif, le pistage d'un groupe imprudent de duergars, le rapt d'une caravane à quelques jours de marche. Pendant ses heures de repos, Rukh conversait principalement avec des mâles plus gradés qu'elle. Les discussions concernaient en général davantage le métier de soldat que les intrigues politiques de la cité. Les conversations se finissaient parfois en étreintes, mais jamais trop à la vue de tous. Certains de ses frères jouissaient même de ses faveurs parfois. Rukh usait de sa position dominante, mais avec retenue: elle évitait de mélanger l'autorité avec les relations charnelles. Ce qui la stimulait, c'était cela: la traque, l'obscurité, le moment bref de la résolution: quelques secondes de combat, souvent inégal, puis le répit.

Les années passant, elle fut affectée aux missions d'informations et d'éclaireurs. Cela ajoutait un peu de variété: espionner des groupements de gnomes, de voyageurs en errance, parfois se montrer à des carrefours pour glaner quelques informations par la force ou l'argent. On lui confia relativement facilement des missions de ce genre avec plusieurs soldats sous ses ordres. Rukh respirait, commandait, agissait, découvrait. Elle était une paire d'yeux de Menzoberranzan sur l'extérieur, comme d'autres paires, qui faisaient partie de la défense de la cité. Quand l'Archimage scrutait le lointain avec ses sorts, les scouts détaillaient les environs, en observant, suivant, marquant, interrogeant, torturant, payant. Rukh arrivait à obtenir des informations tantôt accoudée sur un comptoir, tantôt en coupant des doigts. Les soldats s'ennuyaient rarement sous ses ordres, et elle en perdit peu: il faut dire que cette unité n'était pas exposée à des combats récurrents. Beaucoup de missions revenaient à escorter ou préparer la route de caravanes importantes appartenant à des maisons haut placées. C'est comme cela que Rukh en apprenait le plus sur l'intérieur de la cité en fait: les commerçants et les soldats pouvaient parfois être très loquaces. Ces biens appartenaient à la Maison Mizzrim, et devaient être acheminés rapidement vers Chaulssin. Cette viande fumée de Rothé serait vendue à prix d'or par les commerçants d'Estmyr aux communautés vivant dans la périphérie du Lac Sombre. Ce convoi d'arme expédié par la Maison Xorlarrin devait atteindre un portail rapidement, car les armes étaient attendues en un autre point d'Outreterre. Forcément, le mage accompagnant les armes devait rester en vie pour s'occuper du portail.

Melee Magthere recevait peu de louanges pour ce travail: c'était principalement les lieutenants et capitaines trônant en tête de convoi, hérauts de la Maison, qui récoltaient le bénéfice d'une expédition réussie. Rukh n'aurait pas voulu les affronter en espace ouvert: certains étaient armurés jusqu'au bout du nez, escortés de guerriers lourdement équipés, avec souvent plusieurs mages vigilants. Elle n'avait pas l'occasion de leur parler en général, un autre officier plus haut gradé de l'Académie faisant la liaison. Elle préférait cela. Les rares fois où ce genre d'interactions lui tombaient dessus, il lui fallait faire un grand effort pour afficher les codes qu'on attendait d'elle: air hautain mais mesuré (50ème Maison oblige...), arrogance contenue, formules alambiquées en vigueur, sans parler des regards lourds de sens. Elle avait souvent le droit à une surprise tintée de sous-entendus: une femelle accoutrée en simple soldat, le blason V'Rhym non apparent - éclaireurs obligent-, il était régulièrement utile de recadrer le niveau de discussion.

Les retours au castel V'Rhym étaient souvent pénibles pour la jeune Drow. Quand sa sœur ne lui infligeait pas quelque supplice psychologique, sa mère l'entretenait de la politique de la cité et des bons coups en vue. Ces derniers temps, Amia tâchaient de rencontrer des prétendants possibles pour sa cadette, et se sentait obligée de les lui détailler intimement: Amia n'aurait pas loupé l'occasion de tester la marchandise, le cas échéant. Enfin, il fallait passer au Melee Magthere faire son rapport. Rukh ne détestait pas l'endroit, au contraire, mais depuis qu'elle s'était vue confier le commandement de missions, les rapports avaient lieu dans un endroit particulier, où il n'était pas rare de croiser des mages ou des prêtresses de haut rang. Ceux-ci ne trainaient pas là par hasard: ils étaient commanditaires, ou bien impliqués dans la défense de la cité à plus haut niveau. Rukh détestait leur regard souvent perçant: elle se demandait ce qui restait véritablement d'inconnu d'une mission à la suite d'un interrogatoire. Elle espérait juste que ces gens avaient d'autres choses à faire que s'intéresser à son quotidien.

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